Médecins hospitaliers du CH de Montauban prêts à démissionner de leurs fonctions administratives comme 1000 autres praticiens en France.

A l’hôpital de Montauban, 27 médecins praticiens hospitaliers sont prêts à démissionner de leurs fonctions de chef de pôle, fonction administratives, prêts à ne plus coter leurs actes, si Mme Buzyn, ministre de la santé, ne les reçoit pas, n’organise pas « un grenelle » pour trouver les solutions pérennes aux difficultés financières des hôpitaux publics français , toutes structures confondues.

Ces 27 médecins sont inscrits dans le collectif inter hospitalier national. Celui ci comprend de nombreux médecins qui, s’ils ne « sont pas du même bord cherchent le même port » , à savoir faire tout simplement leur métier de médecin. Ils en ont assez de se voir reprocher leur responsabilité dans les déficits chroniques des hôpitaux, de voir les conditions de travail se détériorer au fil des jours.

Ils ne revendiquent pas de meilleures rémunérations , se considérant comme bien payés, au regard des traitements des autres personnels para médicaux Infirmiers et aides soignants. Il ont l’impression plutôt d’une perte de sens dans leur travail quotidien.

Depuis le printemps, les professionnels de santé ont tiré la sonnette d’alarme , expliquant comment, il ne leur est plus donné les moyens de travailler, de s’occuper correctement de leur patients, comment les conditions de travail se détériorent, comment s’installe la « perte de sens » . Devant la diminution de médecins de ville , prenant en charge les pathologies courantes mais aussi assurant le suivi de patients, les services d’accueil voient le nombre de patients se multiplier; patients qui souvent nécessitent une hospitalisation, à laquelle les services ne peuvent répondre, par manque de place. Ces patients aurait très souvent dus être pris en charge plus tôt, leur pathologie s’est aggravée.

Les personnels infirmiers sont sous payés, (embauches en CDD renouvelés, sans perspective de titularisation pendant plusieurs années,) épuisés , rappelés pendant leur repos, manquant parfois de matériel, ne parvenant plus à effectuer leur travail, prodiguer des soins, dans les règles de l’art, comme il leur a été enseigné à l’école.

En conséquence, personne ne veut plus être embauché  au CH . Mais aussi, ceux qui y sont entrés quittent l’hôpital après quelques CDD renouvelés pendant des années, sans perspective de titularisation et pour un salaire de misère.

Les revendications portent essentiellement sur les modes de financements de l’hôpital public et sur l’arrêt de fermeture des lits. (Fermetures de lits organisées depuis, il faut le rappeler, les années 1992-93.)

Financement : tout le monde s’accorde pour dire que l’ONDAM (Objectif national des dépenses de santé) doit être au minimum de 5%, afin de ne pas augmenter annuellement le déficit des hôpitaux . Il est actuellement de 2,5%! (fixé par la Loi de Financement de la Sécurité Sociale).

D’autres pensent, en plus,  que la Tarification à l’activité doit être supprimée partiellement (pour certains) totalement pour d’autres. Le débat n’est pas tranché entre les Praticiens. Peu importe, Mme Buzyn doit les entendre et ce n’est pas les mesures insuffisantes qu’elle a « généreusement  » accordées après la manifestation du 14 novembre qui les fera taire. (Pour rappel: reprise d’une partie de la dette des hôpitaux à hauteur 10milliard d’euros sur 3 ans;   1,5 milliard supplémentaires sur 3 ans, pour les hôpitaux; enfin une enveloppe pour les salaires inférieurs à 1900 euros mensuels, àParis, permettant de donner des primes annuelles de 300 euros , sous conditions …Enfin des miettes!

Les conséquences de la démission des fonctions administratives: les médecins sont unanimes aucune conséquence pour eux mêmes;  Cela peut bloquer des projets , empêcher la commission médicale d ‘établissement ( CME) de siéger, et, par exemple ,de ne pas lui permettre l’approbation du budget , même si cette CME n’a aucun pouvoir(elle n’a qu’un rôle consultatif). Ils peuvent ne plus travailler dans des commissions transversales comme le comité de lutte contre la douleur. Enfin,  l’absence de codage des actes, ne permettant plus la facturation, à la longue va mettre les hôpitaux en difficultés, ce qu’ils ne souhaitent pas.  C’est pourquoi, ils attendent la réponse de la ministre avant de mettre leur menace à exécution.

Souhaitons leur bon courage!

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