Réunion publique sur la situation de l’Hôpital de Montauban de mardi 10 décembre : Compte rendu

Les usagers de l’hôpital avaient tenu ce mardi à informer les montalbanais sur la situation de l’hôpital de Montauban, en présence de 3 médecins hospitaliers et des 3 représentants des personnels CGT, CFDT,FO. Les usagers de Castel Moissac étaient également là.

Tout d’abord c’est un exposé par M. Maurice Souleil, président des usagers.

Revenant sur l’historique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Hôpital hospice pour les indigents devenu établissement d’accueil inconditionnel pour tous, il a égrené les différentes lois qui ont écorné notre beau système de santé, envié par le monde entier, basé sur les lois sociales de 1946 et le principe de solidarité.

Les différentes activités et spécialités ont été abandonnées petit à petit à l’hôpital de Montauban. La cardiologie, avec un seul praticien temps plein est en grand péril. La dialyse a disparu de l’hôpital, elle est depuis plusieurs années seulement réalisée en privé. Sans parler de l’imagerie…L’ophtalmologie n’a plus qu’un praticien…

L’Hôpital ne doit pas se défendre seul mais les usagers doivent défendre leur Hôpital.

Les Hospitaliers ont la parole:

Le Dr B. médecin neurologue a, la première, exposé la genèse du collectif national constitué dans toute la France. Elle exerce son métier depuis 15 ans, a vu les conditions de travail se modifier. Elle n’est pas inquiète pour elle même, mais pour l’avenir de la prise en charge des patients. Les deux autres médecins ont dénoncé, comme elle, les conditions d’exercice dans les services qui se dégradent de plus en plus. Aux conditions de travail des Infirmières et aides soignantes sous payées, s’ajoutent la diminution du nombre de personnels, le manque de matériel, la nécessité d’être performants et compétitifs, (par l’entremise de la Tarification à l’Activité T2A) avec des budgets de plus en plus serrés d’une année sur l’autre. Et depuis quelques années, c’est la fuite des médecins, non pour des questions de rémunération, mais en raison de mauvaises conditions de travail. Le nombre de postes (25%) de Praticiens Hospitaliers non pourvus atteint des records. Ainsi les soins délivrés à l’Hôpital risquent de devenir de moins en moins de bonne qualité. La loi santé 2022, supprime le concours de Praticien Hospitalier. Le directeur du CH recrutera mais aussi licenciera les médecins à sa guise. L’indépendance, la liberté des médecins seront bafouées.

La France qui se tenait dans le peloton de tête pour l’excellence de son système de soins se voit rétrogradée au 14 ème rang! d’après l’OMS.

Sur le plan financier:

Lors des grèves des personnels des urgences de cet été, l’hôpital de Montauban a reçu, de l’ARS, une enveloppe de 75 000 euros pour embaucher du personnel. Aucun recrutement n’a été effectué, faute de candidature! L’Hôpital n’attire plus.

Les représentants des personnels ont exposé la souffrance des salariés du CH de Montauban, le nombre d’agents contractuels est majoritaire par rapport au nombre d’agents titulaires, instaurant ainsi une précarité de plus en plus insoutenable. Les agents ne sont pas employés sur des postes pérennes mais par le biais d’agence d’intérim pour des durée limitées, ils sont corvéables à merci.

Ce recrutement se pratique également pour les praticiens contractuels, embauchés sur des contrats d’objectifs et de moyens, pour une durée limitée, à des niveaux de salaire bien supérieurs à ceux des praticiens titulaires.

Ceci induit un coût supplémentaire qui pourrait être évité.

L’audit demandé par l’Agence Régionale de Santé (payé 400 000 euros) exige restructuration et limitation de budget des personnels. Sur un budget de 138 millions d’euros annuel, il y a 6 millions de déficit, on leur demande encore 1,5 million d’économie.

Il faudrait actuellement un budget de l’équivalent de 40 ETP pour couvrir les heures supplémentaires et congés dusaux personnels.

Un service de Pédopsychiatrie a été fermé par manque de personnel. Il manque des médecins en service de rééducation. Il n’existe plus aucune politique de prévention.

L’EHPAD du cours Foucault seul établissement public, doit être reconstruit, mais rien ne se dessine à l’horizon. Les personnes âgées sont toujours logées depuis 2005, dans des Algéco, provisoires. Et ce ne sont pas les possibilités d’investissement de l’hôpital qui vont permettre sa reconstruction. En effet, les investissements sont soumis à l’obtention de l’équilibre budgétaire, non seulement ne plus avoir de déficit mais dégager des bénéfices pour couvrir les emprunts. De même la reprise partielle de la dette annoncée comme un effort des pouvoirs publics, ne règlera rien puisque elle aussi est soumise à performance : on croit rêver!

C’est une affaire politique!

La Tarification à l’activité (T2A) introduite depuis 2004-2005, montre actuellement son désastreux effet. Elle démontre, s’il le fallait, dans quel but elle a été introduite, celui de parachever les limitations de dépenses de santé et de tuer le système Français.

Le principe de la sécurité sociale typiquement français, se voit grignoté d’année en année pour laisser la place à un système assurance et, de fait, à une médecine à 2 voire 3 vitesses. (Selon que vous serez riche ou misérable…)

L’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) est la pierre angulaire des maux actuels. Il est fixé à 2,5% ; les revendications actuelles sont un ONDAM de 4% qui permettrait à peine de stabiliser le budget.

(Suite à la réforme de 1996, (ordonnances Juppé) le Parlement vote chaque année la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS). En fixant l’ONDAM, le Parlement se prononce ainsi sur les prévisions de recettes et les objectifs de dépenses de la sécurité sociale, ce qui met en jeu des masses financières supérieures à celles du budget de l’État).

La réduction des dépenses de santé est envisagée déjà dans les années 70, après les trente glorieuses: Numérus clausus, fermetures de lits (années 90)… puis, par le biais de la T2A, transfert des activités décidées rentables dans les structures privées. Celles ci sont, depuis quelques années, rachetées par les groupes financiers. (Nullement n’est mise en cause la qualité des praticiens exerçant dans ces structures privées. Ils ont les mêmes qualifications que les PH de l’Hôpital). La loi HPST du 21 juillet 2009 portant sur les réformes de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, affiche l’ambition de réorganiser et de moderniser l’ensemble du système de santé. Au total, privatisation des bénéfices et socialisation des coûts, telle est la devise libérale.

Dans la salle

Les questions portent également sur la rumeur de création d’un nouvel hôpital, ( à Bressols) dont le projet n’est pas finalisé, qui semble être le « projet personnel » d’un médecin de l’Hôpital également futur candidat à la mairie. Il pourrait justement s’inscrire dans ce cadre de la loi HSPT… Mais son financement ???

Une personne présidente de l’UFAM (famille de patients psychiatriques) expose les difficultés d’accès aux soins de ces patients en urgence.

La suite à donner : qu’envisagent les médecins et les personnels pour poursuivre leur combat?Pour les praticiens : Refus de cotation des actes? Démission de postes de responsabilité?Rien n’est décidé, la suite va dépendre des manifestations à venir, du nombre de médecins prêts à s’impliquer…

Les personnels eux, appellent à manifester dès le 13 décembre.dans le hall de l’hôpital.

Le 17 décembre une manifestation est organisée à TOULOUSE.

Il est de notre devoir de citoyen de les soutenir de les aider dans leur lutte pour le bien public. Nous sommes tous des usagers ou de futurs usagers de l’Hôpital.