Lu dans la Dépêche ce matin

Faute de pouvoir s’exprimer, la gauche quitte la salle

Ces derniers jours, l’expulsion des migrants hébergés à la Maison du peuple et le changement de serrure de ce bâtiment opéré par la mairie, empêchant ainsi trois syndicats d’accéder à leurs bureaux ont suffi à mettre le feu aux poudres entre majorité et opposition de gauche. Des sujets clivants et politiques. Au point même de faire sortir d’un silence de 5 ans Marie-Dominique Bagur, conseillère municipale de l’opposition extrême droite. La candidate aux Européennes inscrite sur la liste Debout la France a tenu à «féliciter Brigitte Barèges pour sa parfaite gestion des migrants» d’une voix que certains entendaient pour la première fois. Un compliment qui a fait «chaud au cœur» du maire qui n’a pas manqué de la remercier. Il n’en fallait pas plus à Rodolphe Portolès de Montauban Citoyenne pour fulminer. Il faut dire que quelques minutes auparavant, l’élu de l’opposition n’avait pas été autorisé par le maire à aborder l’actualité brûlante de la Maison du peuple, son micro lui étant coupé.

Le sujet de la Maison du peuple finalement abordé en fin de séance

Après avoir voté assez sereinement la douzaine de points à l’ordre du jour, le ton est à nouveau monté au moment des questions diverses. Le groupe Montauban Citoyenne a vu une de ses questions écartée par le maire pour «des raisons diffamatoires». Vraisemblablement le coup de trop pour les élus de gauche qui ont immédiatement quitté la salle en criant «au scandale» et déplorant «une attitude lamentable».

«C’est dommage de partir maintenant, juste au moment où j’allais parler de la Maison du peuple, a lâché le maire dans le brouhaha. Ce bâtiment fait partie du domaine public et est soumis à certaines règles. Nous avons proposé à la CGT de participer aux frais de fonctionnement des salles occupées, comme nous le faisons avec toutes les associations montalbanaises. Cela n’a pas été accepté. Je note que FO et Unsa se désolidarisent de la CGT et nous devrions trouver avec ces deux syndicats jusque-là hébergés à la Maison du peuple une convention d’occupation dans un autre espace et préparer leur déménagement. Concernant la CGT, je pense que leurs responsables ont confondu syndicalisme et politique.»

À une semaine des élections européennes et à un an des prochaines municipales, la politique a fait hier soir son retour au conseil municipal.

Ph. C.