Lu dans la Dépêche ce matin 16 mai 2019

L’occupation de la Maison du peuple de Montauban (Tarn-et-Garonne) par des demandeurs d’asile sans abri, accompagnés par des associations, des collectifs et des citoyens va prendre fin. Ce jeudi matin, à 10h, ils quitteront les lieux, anticipant ainsi la menace d’une expulsion. Le tribunal administratif de Toulouse doit en effet examiner vendredi le référé déposé par la mairie de Montauban pour « occupation sans droit ni titre » du bâtiment dont elle est propriétaire.

« On ne voulait pas exposer les familles à une expulsion », explique André Greder, membre de Réseau d’éducation sans frontières (RESF 82). « Les familles seront logées par la paroisse de Montauban avec l’autorisation de l’évêque qui va les accueillir en personne », a-t-il poursuivi. Le lieu exact de leur hébergement n’a pas été communiqué.

Le préfet annonce des solutions

Le combat des collectifs tels RESF n’est cependant pas terminé. André Greder a rappelé l’obligation de la préfecture de proposer un hébergement aux demandeurs d’asile. « On va continuer à interpeller les autorités », assure-t-il, tout en précisant : « Notre seul objectif, c’est la mise à l’abri de ces gens, pas de faire du chantage auprès de la préfecture et de la mairie. » Mardi soir, une mère et ses 5 enfants s’est ajoutée aux autres familles déjà logées à la Maison du peuple.

De son côté, le préfet du Tarn-et-Garonne, Pierre Besnard, a contacté mardi soir Rodolphe Portoles, élu d’opposition à la mairie de Montauban engagé auprès des demandeurs d’asile. M. Besnard aurait promis de débloquer dans les jours à venir un certain nombre de places en hébergement d’urgence et en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada). »J’ai eu le sentiment que le préfet avait la volonté d’apporter des solutions. C’est une avancée positive », a commenté Rodolphe Portoles.

La solidarité des Montalbanais saluée

Les militants ont aussi tenu à saluer l’élan de solidarité des Montalbanais envers les demandeurs d’asile, qui ont apporté nourriture, vêtements, jouets voire ont logé chez eux des familles. « On appelle à ce que cette solidarité se poursuive », a demandé André Greder. D’autant que leur hébèrgement par la paroisse de Montauban ne comprend pas l’accueil de jour et qu’il n’est pas possible de faire cuire des repas sur place.

La solidarité des habitants a aussi été l’occasion pour les associations et collectifs de montrer l’isolement de la maire de Montauban. Celle-ci avait fait un rapprochement douteux (et infirmé par le parquet) entre deux incendies du centre-ville et l’installation des demandeurs d’asile à la Maison du peuple.

Anouk Passelac