Lu dans la dépêche du 14/02/19

La plateforme « 3 S » : l’idéologie devient réalité

Pratiquement un an après sa présentation, jour pour jour, la plateforme commune santé-social-secours (3S) va être lancée à Montauban.
Cette organisation unique en France parrainée par le Dr Xavier Emmanuelli, ancien secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’urgence et fondateur du Samu social, sera suivie de près par le gouvernement. « Il est clair que la réussite de ce projet sera scrutée de près et qu’un bilan devra être établi d’ici un an, reconnaît le préfet Pierre Besnard. Ce projet idéologique est enfin devenu réalité : on veut prendre la mesure du social dans le traitement de l’urgence en faisant travailler tous les services concernés ensemble. »
Sur le modèle du « 911 » américain (qui n’intègre cependant pas de médecins régulateurs dans son système), « 3 S » va répondre à 100 % des appels en moins de 60 secondes. Une prouesse rendue possible en recentrant tous les acteurs de l’urgence sur leur cœur de métier.
Concrètement, la gestion des appels d’urgence 3 S sera donc regroupée au centre de traitement des appels des pompiers où d’ici une semaine tous les opérateurs seront réunis.
On compose toujours les mêmes numéros
Pour la population, rien de changé dans la façon de composer un numéro de téléphone. Le 15 pour le Samu, le 18 pour les pompiers, le 115 pour le Samu social, le 119 pour l’enfance en danger mais aussi le 3966 pour une permanence de médecine de ville nuit et week-end restent toujours d’actualité.
Mais tous ces appels de détresse aboutiront dans la même salle. 24 heures sur 24, trois urgentistes (médecin régulateur du Samu) et trois pompiers seront en salle.
En journée, l’association Relience assurera depuis cette plateforme téléphonique les hébergements des sans-abri et des publics en danger.
D’ici quelques semaines, l’Agence régionale de santé va prendre à sa charge des formations pour les preneurs d’appels qui seront formés à la polyvalence comme c’est déjà le cas chez les Anglo-Saxons. « Face à la précarité et la maltraitance, cette plateforme téléphonique enregistrera toutes les demandes et alertes, estime le Dr Hélène Pizzut, du centre hospitalier de Montauban. Nous aurons donc un engagement sur le suivi de chaque intervention. » De son côté, le colonel Ferres, directeur du Service départemental d’incendie et de secours a souligné « la mise en commun de technologies de pointe en matière de géolocalisation. Nous sommes à l’aube de nouveaux métiers dans l’urgence et le secours. »
PHILIPPE CAHUE  Lu dans la dépêche du 14/02/19