Cette France qui accueille

Poursuivant ces rencontres dans le prolongement des « 30 ans de son existence », ce samedi 24 novembre,  AMAR a réuni cette « France qui accueille ».

Les participants ont pu entendre les témoignages des maires de Monclar, Verfeil sur Seye ainsi que de Grande Synthe ( par liaison internet).

Les associations nombreuses et variées qui quotidiennement tendent la main à ces migrants fuyant la guerre, la misère, les persécutions, ont expliqué comment elles font, avec de faibles moyens, mais surtout avec la solidarité des citoyens qui, mis en présence de ces gens qui nous ressemblent tant, abandonnent leurs peurs, leurs préjugés pour les accueillir du mieux qu’ils peuvent , avec leur coeur, pour les mettre à l’abri.

Mais la solidarité des citoyens ne suffit pas , il faut aussi les accompagner juridiquement, socialement, dans le parcours du combattant de la demande d’asile, face à une juridiction française de plus en plus dure.  Il n’y a pas de crise migratoire il y a une crise de l’accueil.

Notre coeur a fondu quand une jeune femme syrienne a  témoigné de l’accueil , de l’aide qu’elle avait trouvés. Elle a lu un texte écrit par elle même, plein de poésie pour remercier cette France qui l’a accueillie.

« Là, dans un pays qui s’appelle « La Syrie ».
Il existe une petite ville « Azabadani ».
C’est le nom de ma ville. J’ai laissé là une partie de mon cœur sous les décombres de ma maison. J’ai laissé aussi mes souvenirs et mes rêves .
Et, comme ils disent dans l’histoire: »les maisons meurent si leurs habitants sont absents ».
L’histoire a commencé dans cette maison là. Je l’ai aimée et la considérais comme mon royaume. Ma maison était comme la mère tendre qui embrasse ses enfants, écoute leurs histoires, leurs sourires et leurs pleurs.
Tout à coup, soudain, le ciel est devenu rouge et jaune et les voix des bombardements ont commencé à s ‘approcher de nous comme le destin à un rythme soutenu.
Notre maison a essayé de nous protéger, mais ses murs ont été déchirés et son toit ouvert au ciel. Elle s’est penchée vers la terre et s’est excusée.
Nous sommes devenus comme des oiseaux voyageant avec les jours et les saisons en portant les clés de nos maisons avec nous. La recherche d’un abri a commencé.
Nous sommes devenus des étrangers, « on cultive l’espoir », les jours et les saisons passent et l’étranger habite le rêve. Mais il tombe de son rêve dans une tente dans la rue. Il se demande : où dois-j’aller à nouveau ?
Depuis que nous avons quitté nos maisons, le monde entier est devenu une petite tente.
J’entends la voix de mes amis avec le vent et je sens l’odeur de mon père dans les roses sauvages.
Je suis venue ici avec l’hiver, mon voyage était long. J’ai laissé derrière moi tout ce qui était cher pour moi. J’ai laissé mon enfance seule dans les quartiers détruits, j’ai laissé ma rose Gardénia sur l’escalier de ma maison pour parfumer la nuit éclairée par les explosions des bombes. J’ai laissé mes petits rêves sur l’étagère de ma cuisine, j’ai laissé les photos de mes enfants sur les murs de ma maison et je suis partie.
Dans notre voyage on était des chiffres  sur des bureaux. Ils nous ont pris nos noms et nous sommes devenus des réfugiés et quelques fois des étrangers.
La tristesse me visitait chaque soir et elle a fait autour de moi de hauts murs qui commencent à m’envelopper, je n’ai pas pu trouver de porte ou de fenêtres.
Mais le destin m’a envoyé des amis qui m’ont ouvert des fenêtres dans ces murs.
La fenêtre de l’espoir pour la lumière et la paix.
Mes amis.
Je vais laisser ma tristesse derrière moi et je vais marcher dans vos rues pour apprendre de vous la joie.
Toujours, et d’où je suis, j’envoie mes salutations aux âmes qui ne connaissent pas de frontières, pas d’état et à tous ceux qui restent avec toi, mon père, dans les prisons des ténèbres.
Merci à l’association qui nous a soutenus et à tous les autres. Merci
Merci à la France